Étude 2 : L’Algérie de 1954 à 1962 [correction]

Étude 2 : L’Algérie de 1954 à 1962

Comment expliquer la violence de la guerre d’indépendance de l’Algérie et quelles en sont les répercussions ?

La fiche de l’étude : TSTMG-H-E2 Algérie Fiche

I- L’Algérie en 1954, une colonie française

Comment la contestation de l’ordre colonial fait-il basculer l’Algérie dans une guerre d’indépendance ?

A-   Une colonie de peuplement inégalitaire

Depuis 1830 l’Algérie est une colonie de peuplement française : 1 million de colons européens (les « pieds noirs ») cohabitent avec 9 millions de musulmans arabes et berbères.

Le système colonial est très inégalitaire : les colons bénéficient d’un meilleur accès à la santé, à l’éducation et possèdent les meilleures terres.

B-   Le basculement dans la guerre (1954)

Cette situation engendre, dès la 1ere moitié du 20e s. l’apparition d’un nationalisme algérien. Celui-ci comporte des mouvements très divers : certains (Ferhat Abbas) souhaitent l’autonomie tout en restant un Etat associé à la France ; d’autres (le MNA) une indépendance par la voie diplomatique. Le FLN de Ben Bella, fondé en 1954 préconise quant à lui l’action violente.

Le gouvernement français considérant l’Algérie comme des départements français s’oppose à toute négociation avec le FLN.

Nationalisme : doctrine fondée sur la conscience d’une communauté qu’elle forme une nation partageant des liens ethniques, culturels, etc. et la revendication à l’autonomie dans le cadre d’un Etat-nation.

II- La guerre d’Algérie : l’engrenage de la violence

Comment expliquer l’engrenage de la violence entre 1954 et 1962 ?

A-   Une guerre fratricide

Dès 1954 la population algérienne musulmane est divisée : une partie rejoint les maquis du FLN pour mener la lutte pour l’indépendance tandis que d’autres servent comme harkis au sein de l’armée française. La majorité de la population se trouve « prise entre deux feux ».

B-   Une guerre qui ne dit pas son nom

Le FLN mène le combat depuis les zones montagneuses d’Algérie (les Aurès, l’Atlas) où se situent ses maquis et les centres urbains, où elle mène une guerre de guérilla en ayant recours au terrorisme (attentats à la bombe, massacres) à l’encontre des populations civiles tant pied-noires que musulmanes. Le gouvernement français fait dès 1954 appel à l’armée, notamment au contingent (jeunes faisant leur service militaire) et aux parachutistes. Celle-ci quadrille le territoire, contrôle les identités de la population, déplace des populations afin de priver le FLN de bases arrières, et a fréquemment recours à la torture afin d’obtenir des informations. Il s’agit d’une guerre asymétrique, opposant une armée régulière aux moyens conventionnels à un mouvement

Pourtant, le gouvernement français refuse l’appellation de « guerre » : les actualités cinématographiques parlent de « grève politique » ou « d’opération de maintien de l’ordre », et les fellaghas (= membres du FLN) sont définis comme des « hors la loi » ou des « rebelles ».

En métropole, les travailleurs algériens sont soumis à des contrôles policiers et au couvre feu, car ils sont suspectés de soutenir le FLN qui commet des attentats en métropole. Le 17 octobre 1961, une manifestation de soutien au FLN est réprimée dans le sang par la police et fait plusieurs dizaines de morts.

III- Sortir de la guerre

Comment l’Algérie a-t-elle accédé à l’indépendance ? Pourquoi la mémoire de la guerre reste encore objet de tension entre la France et l’Algérie ?

A-   Une crise politique en France

Le conflit accentue l’instabilité de la IVe République : estimant le gouvernement incompétent, un « comité de salut public » composé de militaires et de civils exige le rappel au pouvoir du Général de Gaulle le 13 mai 1958. Face au risque de coup d’Etat militaire, le président René Coty nomme De Gaulle président du conseil avec la possibilité de gouverner par ordonnance pour six mois. Celui-ci commande la rédaction d’une nouvelle constitution, renforçant les pouvoirs présidentiels, afin de faire face à la situation : De Gaulle devient le premier président de la Vè République.

De Gaulle constate toutefois que la guerre ne peut être gagnée et propose dès septembre 1959 un référendum sur l’autodétermination de l’Algérie. Pour la première fois le gouvernement français envisage la possibilité de l’indépendance mais se heurte à la population pied-noire qui refuse l’indépendance : après la répression des manifestations de la « semaine des barricades », ses éléments les plus extrémistes forment l’OAS (Organisation armée secrète) une organisation terroriste et soutiennent une tentative de coup d’Etat militaire (le Putch des généraux, les 23-28 mai 1961).

Cette opposition n’empêche pas la tenue du référendum et l’ouverture de négociations entre le FLN et le gouvernement français. Le 18 mars 1962 sont signés les accords d’Evian, qui reconnaissent l’indépendance de l’Algérie.

Autodétermination : droit d’une population à choisir de façon souveraine son système politique.

B-   L’indépendance : conséquences et mémoires

A la suite des accords d’Evian, des centaines de milliers de Français d’Algérie sont contraints de partir dans l’urgence, abandonnant leurs biens : ceux qui restent sont massacrés, de même que des milliers de harkis, que le gouvernement français n’avait pas prévu de rappatrier. Ces massacres sont un signe de la rancoeur contre le racisme de la situation coloniale et ses conséquences socio-économiques qu’a subi l’Algérie depuis 1830.

Depuis l’indépendance, la question de la période coloniale n’a cessé d’être un enjeu politique pour le pouvoir algérien, exigeant la reconnaissance des crimes coloniaux mais passant sous silence ceux commis par le FLN, afin de cimenter une unité nationale encore fragile.

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